Cours Oenologie Paris – Orléans

A bas le contenant, vive le contenu !


27 avril 2025

1. Effets du changement climatique

Température

La hausse des températures accélère la phénologie de la vigne : le débourrement, la floraison et la véraison se produisent plus tôt. Cela expose les vignes à des risques accrus de gel printanier. L’augmentation des températures entraîne également une perte d’acidité, une hausse des sucres et une modification des profils aromatiques.

Précipitations

Le changement des régimes de précipitations aggrave les déficits hydriques dans les zones déjà sèches, comme la Méditerranée. À l’inverse, l’excès de pluie augmente les risques de maladies fongiques et altère la qualité du raisin.

Humidité relative et évapotranspiration

La diminution de l’humidité relative, combinée à la hausse des températures, accroît le stress hydrique, même sans baisse des précipitations.

Rayonnement solaire

Une augmentation du rayonnement solaire peut améliorer la photosynthèse, mais l’excès d’exposition favorise les brûlures des feuilles et des baies, compromettant la qualité du raisin.

Concentration de CO₂

L’augmentation du CO₂ atmosphérique peut stimuler la photosynthèse et améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau, mais les effets réels dépendront de la disponibilité hydrique et de la capacité d’adaptation de chaque région.

2. Impacts régionaux du changement climatique sur la production viticole

Europe

Le sud de l’Europe (Espagne, Italie, Grèce) est particulièrement vulnérable. Jusqu’à 90 % des vignobles côtiers et de plaine pourraient devenir inadaptés. Les régions plus au nord (Angleterre, Belgique, Allemagne du Nord) deviendraient plus propices à la viticulture de qualité.

Amérique du Nord

La Californie est confrontée à des sécheresses chroniques et des incendies de forêt. L’Oregon et l’État de Washington deviendront plus favorables à la viticulture haut de gamme.

Amérique du Sud

La disponibilité en eau diminue, notamment en Argentine (Mendoza) et au Chili, menaçant la durabilité des vignobles irrigués.

Australie et Nouvelle-Zélande

Certaines régions australiennes deviendront trop chaudes, tandis que la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande resteront adaptées.

Afrique du Sud

Les vignobles sud-africains, principalement autour du Cap, subiront de graves stress hydriques. La disponibilité de l’eau pour l’irrigation est une préoccupation majeure.

Asie

En Chine, le développement de vignobles dans les régions plus froides du nord est prometteur. Au Japon, Hokkaido offre de nouvelles opportunités pour la viticulture.

3. Stratégies d’adaptation pour la production de vin face au changement climatique

Adaptation du matériel végétal

Le choix de cépages à maturation plus tardive, résistants à la chaleur et à la sécheresse, est essentiel. L’utilisation de porte-greffes résistants au stress hydrique est également une solution majeure.

Gestion du vignoble

L’ombrage naturel via la gestion de la canopée, l’amélioration de l’irrigation (goutte-à-goutte, irrigation déficitaire contrôlée) et la gestion du sol (enherbement) permettent de limiter le stress hydrique.

Relocalisation des vignobles

Le déplacement des vignobles vers des altitudes plus élevées ou des latitudes plus septentrionales est une stratégie d’adaptation pour conserver des conditions climatiques favorables.

Techniques de vinification

Récolter plus tôt pour conserver l’acidité, utiliser des levures moins productrices d’alcool ou ajuster l’élaboration du vin pour maintenir la qualité face à des raisins plus sucrés.

Politiques publiques et actions collectives

Soutenir la recherche sur l’adaptation variétale, développer des outils d’aide à la décision climatique, et financer les adaptations nécessaires pour rendre la viticulture résiliente.

4. Perspectives et conclusion générale

Le changement climatique redessine la géographie mondiale du vin. Certaines régions traditionnelles sont menacées de disparition, tandis que de nouveaux territoires deviennent prometteurs.

Pour assurer un avenir durable à la viticulture, il est nécessaire d’adopter une combinaison de stratégies : préserver la diversité génétique, adapter les pratiques culturales, anticiper les risques climatiques, et favoriser l’innovation.

La résilience du vin face au climat dépendra de la capacité collective à conjuguer tradition, innovation et développement durable.


23 février 2022

Rhum du Père Labat

A Marie-Galante, on se promène dans les champs de canne et, avec la canne, on produit du sucre et du rhum. Il y a 3 distilleries dont celle du Père Labat . En 3 jours, on passe du champ au rhum. Le rhum sur l’île a une spécificité: il peut titrer 59 degrés. C’est une fantaisie de Napoléon…

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23 janvier 2020

Mon avis sur les vins natures

Voici un très bon article sur les vins natures écrit par Gaspard Delhemmes. Si certains ne connaissaient pas mon avis sur ce type de vin, vous êtes maintenant fixés !

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15 novembre 2019

Le beaujolais nouveau arrive

Le mois de Novembre n’est pas que le mois de la grisaille. C’est également le mois du beaujolais nouveau qui va emmener un peu de gaieté dans la morosité de ces jours trop courts.

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Le fouloir et le Qvevri : la vinification à la géorgienne

10 décembre 2018


Ce processus de vinification est classé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Le fouloir ou Satzanakhéli

Le propre de la vinification géorgienne est une économie de moyen, là encore en voici la démonstration.

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Illustration du foulage au pied

Le fouloir est un grand tronc d’arbre évidé qui sert de cuve pour mettre le raisin. Il est de forme rectangulaire et de taille variable. La majorité du temps, il est fabriqué dans du tilleul. Lire la suite


4 décembre 2018

Le secret du marani

Dans le secret du marani, je vous propose un premier article sur la Géorgie et le vin. Celui-ci vous explique plus précisément comment fonctionne un chai en Géorgie

 

Le Marani : le chai

C’est une zone plus ou moins étendue où sont enfouies plusieurs jarres.

La conception d’un marani est l’aboutissement d’un calcul technique. C’est la quantité de raisin qui déterminera le nombre de jarres, 120 kilos donneront environ 100 litres de vin. D’autres facteurs entrent en jeu notamment la température ambiante qui vont déterminer le meilleur emplacement. Lorsque le marani est construit, il s’y exercera un micro-écosystème qui le fera vivre, assurera une fermentation de qualité et garantira une bonne conservation du vin. Lire la suite