Cours Oenologie Paris – Orléans

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19 novembre 2020

                                       « L’affaire des 1000 violons volés »

Les milles violons volés

Nous sommes le 9 janvier 1995. Comme tous les matins, avant de commencer le travail, je prends un café, au bar à côté de l’atelier, avec mon patron Pierre. Roger, le serveur, nous connaît bien. Il nous tend le Libé du jour.

« Vous avez vu, les gars ? On parle de violon. » Nous prenons le journal, commençons à lire. Tout à coup, Pierre et moi manquons tomber de nos tabourets. Nous avons, sous les yeux, un long article, intitulé : « Un millier de violons volés tentent de retrouver leur propriétaire ». En voici un résumé :

L’article de Libé

« La brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris vient de retrouver chez un « fourgue » (un recéleur)-on donne son nom-, après une filature de plusieurs mois, 1000 violons et violoncelles volés. En perquisitionnant son appartement, ils ont découvert les instruments dans des faux plafonds et un tunnel secret de 6 mètres de long, planqué derrière les lambris. Non content de vendre de la marchandise volée, le délinquant substituait les étiquettes des violons les moins cotés par d’autres, plus prestigieuses,  en vue de vente plus fructueuse. Son trafic, principalement en direction du Japon, était tellement important qu’il avait même fini par alerter les luthiers « officiels » de la rue de Rome. Tous ces instruments sont actuellement présentés au public, dans une salle, aux Champs-Elysées, en vue de retrouver leurs propriétaires légitimes. 

« Et bien, les garçons ? Vous en faites, une tête ! » nous dit Roger. « Vous le connaissez, ce « fourgue » ? »

« Bien sûr qu’on le connaît ! » répondons, de concert, Pierre et moi. « Mais pas sous ce jour. »

En fait, le type dont il est question est un client régulier de l’atelier. Nous effectuons pour lui des réparations sur des violons. Et, ce, de manière tout à fait honnête et classique, comme pour l’importe quel client. Et jamais il n’a été question d’étiquettes trafiquées ou quoi que ce soit de la sorte. Nous tombons des nues.

La perquisition

Pierre devant aller faire une course, j’ouvre seul l’atelier. Deux minutes après, on frappe à la porte. Quatre hommes, deux en costume, deux en parka, me montrent un bout de papier carré et l’un d’eux articule : « Brigade de répression du banditisme ! ». J’ouvre. Les quatre policiers font irruption dans l’atelier, de manière assez virile. Et, sans plus d’explication, l’un d’eux me dit, en me regardant dans les yeux :

« Allez ! Où est la boîte à fausses étiquettes ? Et les fausses marques au fer ? »

(Pour comprendre l’histoire, il fait savoir que, souvent, les luthiers signent leurs instruments avec une sorte de tampon en métal, gravé à leur nom : une « marque au fer ». Mais, se faire fabriquer un tel outil coûtant relativement cher, je me servais, à l’époque, d’un « composteur »: une réglette de relieur, sur laquelle on pouvait, comme un imprimeur, insérer les lettres qu’on voulait. J’avais d’ailleurs, à cet effet, un petit casier, avec toutes les lettres de l’alphabet, en plusieurs exemplaires. Mais j’utilisais, évidemment, uniquement les lettres de mon nom).

Je regarde le policier et, naturellement, lui dis que je ne comprends pas un traître mot de ce qu’il me demande.

« Très bien ! » répond-il. « Et bien, on va tout fouiller ! »

« Faîtes, je vous en prie. »

Et les quatre cow-boys commencent à retourner l’atelier. A un moment, un des deux gars en parka s’approche de mon établi. Soudainement, je réalise que j’ai tout mon matériel pour signer mes violons, sur l’étagère, juste à hauteur de ses yeux. Il la regarde, approche sa main, ouvre le casier et découvre mon matériel. Il hurle dans l’atelier (qui fait 15 m2) :

 » La preuve »

« Chef ! Chef ! J’ai trouvé ! »

Et, là, je m ‘approche de lui et lui dis :

« Non. Vous faites fausse route. Je vais vous expliquer… »

« Mais bien sûr ! » dit-il, en me scrutant au fond de la rétine. « On vient chercher des marques au fer, on les trouve, mais on fait fausse route. Pourquoi ? Parce qu’on est des cons, c’est ça ? Hein ? C’est bien ce que vous voulez dire ? »

J’ose : « Non, pas exactement… »

A ce moment, Pierre arrive.

« Qu’est-ce que c’est que ce bazar?  Qu’est-ce que vous faites chez moi ? » demande-t-il aux quatre pistoleros.

« Allez ! Embarquez-moi ces deux zigotos ! » ordonne le chef. « Direction Quai des orfèvres ! »

La garde à vue

Nous voilà, Pierre et moi, en garde à vue. Pas tout-à-fait logés à la même enseigne, toutefois. Lui, quand les flics ont commencé à lui poser des questions, il leur a répondu qu’il avait autre chose à faire et pas de temps à perdre. Résultat : on lui a enlevé ceinture et lacets et il est en cellule. Moi, voyant ça, j’ai répondu très poliment et ai eu droit à patienter sur un banc, en conservant l’intégralité de mes effets.

On vient me chercher pour m’interroger. Le policier que j’ai en face de moi est, lui, remarquablement correct et courtois. Il me demande de lui décrire les rapports que l’atelier entretient avec le présumé recéleur. Je lui explique comment nous fonctionnons avec lui, que je n’ai, en aucune façon, connaissance de quelque fait délictueux que ce soit et lui décris mon système personnel pour signer mes propres violons. Tout à coup, il soupire, regarde en l’air, se masse les sourcils avec le pouce et l’index de sa main droite et lâche :

« Et bien, dites-donc, c’est un drôle de milieu, la lutherie ! »

« Comment ça ? » je demande. « Pourquoi dites-vous ça ? »

« Pour vous !..Demandez-vous pourquoi vous êtes ici et comment on a pu remonter jusqu’à vous. »

« Vous voulez dire que… c’est quelqu’un qui vous a dit qu’on se livrait à un trafic d’étiquettes et de marques au fer ? »

« En tout cas, ce n’est pas nous qui avons pu trouver ça tout seuls » dit-il, laconique. « On dirait que votre patron n’a pas que des amis… parmi vos collègues.»

Cette petite phrase résonne bizarrement dans mon cerveau.

Au bout de 8 heures, on nous laisse sortir, Pierre et moi, en nous disant qu’on place mon outillage sous séquestre et qu’on me tiendra au courant.

Le dénouement

Trois mois plus tard, je suis convoqué par la BRB pour venir rechercher mes outils. Je retrouve le policier qui m’avait mis au parfum. Il me rend ma marque au fer et reconnaît qu’effectivement, elle n’a rien à voir avec l’affaire. Affaire, d’ailleurs, pour laquelle il m’apprend qu’il n’y a, après enquête, jamais eu de trafic d’étiquettes. Cerise sur le gâteau, il semblerait même que les 1000 violons n’étaient pas volés non plus. Le marchand a, cependant, bel et bien été condamné à deux ans de prison, mais pour fraude fiscale. A la fin de notre conversation, nous nous serrons la main et il me dit :

« Faîtes attention, jeune homme. Vous faites un beau métier. Mais c’est parfois sur les plus belles roses qu’on trouve les plus grosses épines… »

Un poète. Un vrai.


19 novembre 2020

Faussaire en étiquette : tout un art…

Tricher dans le monde du vin est très tentant : changer une étiquette, un millésime… Rudy Kurnawian s’est révélé comme le faussaire le plus génial de tous les temps.

Je vous raconte cette histoire croustillante du faussaire en étiquette. En parallèle, vous pourrez lire l’article de Laurent mon mari luthier sur les mille violons volés

qui en dit long sur la nature humaine.

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15 novembre 2020

Cours zoom sem 47

Au menu cette semaine

Lundi soir : Languedoc avec Philippe à 20 h. Si vous souhaitez assister à son cours, vous pouvez le contacter philippe.dreiss@wanadoo.fr

Mercredi soir : Survol des régions viticoles  » Bordeaux – Sud-Ouest – Loire » à 20 h avec moi. Bordeaux Château Malvat, Cahors la Coustarelle, Quincy.

Jeudi soir : Languedoc avec moi à 20 h. Mas Bruguière Pic Saint Loup, Saint-Chinian, Côtes du Roussillon villages

Les règles

Je vous rappelle que vous pouvez participer à tous les cours.

Les listes des vins sont des suggestions : vous pouvez choisir 0 / 1 / 2 / 3 bouteilles.

Nous n’enregistrons pas les cours sur « zoom » mais nous les proposons de nombreuses fois. On espère que vous trouverez un créneau qui vous corresponde.

Si vous ne faites pas partie du cours proposé et que vous souhaitez venir, vous devez me le demander par mail et plutôt pas le jour du cours. Si par hasard vous faites partie du cours et que vous n’avez pas reçu le mail, ( je l’ai déjà envoyé) demandez-moi les codes.

cours oenologie Marielle Kubik


13 novembre 2020

Sicile by Emilie

Emilie nous a concocté un carnet de voyage sur la Sicile. Ont contribué aussi Chantal, Brigitte, Alexia

Le domaine COS

Notre première rencontre avec le vin de sicile se fait dans la plaine, au sud-Ouest de Raguse. Nous sommes chez COS. Depuis le domaine, on aperçoit au loin la fumée de l’Etna et parfois, au sol encore, du sable provenant de Tunisie. Le sol en surface est plutôt sableux, argileux, en profondeur, c’est du calcaire. Ce sol permet des vins plus légers et moins acides. Quand la chaleur monte trop, au-delà de 30 degrés l’été, la plante arrête d’évoluer pendant parfois 20 à 30 jours d’affilée, donc elle ne peut se régénérer que le soir ou la nuit. De ce fait, la vendange est décalée et ne peut se faire que 3 semaines à un mois tard. 3 semaines de décalage avec les vignes situées sur les flancs de l’Etna. La fertilisation est naturelle, comme l’irrigation. Ici, tout se fait dans le respect de la vigne et du sol. La vinification se fait soit dans la chambre des amphores, soit dans des cuves en béton ou en cave dans des tonneaux de bois. Cépages : Maldafrica, Frappato, Pithos Rosso, Moscato, Pinot rouge, Syrah, Viognailo in Vittoria, Cerasuolo Vittoria, Nerolla d’Avolla, Mascato, Neroda

Domaine viticole Sicile
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11 novembre 2020

Le bon goût : une affaire de goût ?

Depuis longtemps, je me questionne sur la notion du « bon goût ». Existe-t-il un bon goût universel en matière de vins, d’ailleurs, existe-t-il un bon goût tout court en matière de vêtements, d’architecture, d’ameublement, de couleur ?  C’est une vaste question, je ne pense pas qu’on arrive spécialement à des consensus. La culture est très prégnante et elle nous modèle. 

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17 octobre 2020

Organisation des cours à Paris en Novembre

Aujourd’hui les informations sont encore assez floues et je ne peux pas formellement vous dire comment les cours vont se dérouler.

J’attends une réponse sur « les jauges ». Si jamais le nombre est très limité, le cours se fera uniquement sur zoom. A priori, je vais le savoir vers la fin du mois d’octobre.

Laisse-moi zoom zooumer…

S’il y a des cours en présentiel, ils auront lieu de 19 h 30 à 20 h 30. Ensuite je garde un battement de 30 à 45 mn pour ouvrir une session zoom.

Tous les adhérents à mes cours peuvent participer de façon illimitée aux sessions « zoom ». Il faut juste me demander les codes avant les sessions.

Le programme zoom de 21 h 15 à 22 h 15.

Le 02 novembre : Chili / Argentine.

Le 04 novembre : tour d’horizon des vignobles français ( Bourgogne / Rhône / Languedoc).

Le 09 novembre : Afrique du Sud

Le 18 novembre : tour d’horizon des vignobles français ( Bordeaux / Sud-Ouest / Loire)

Le 19 novembre : Languedoc

Le 25 novembre : Vinifications


25 septembre 2020

Premier cours d’oenologie

Bonjour à toutes et à tous, le premier cours d’oenologie aura lieu dans la semaine qui vient, soit du lundi 28 septembre au vendredi 02 octobre.

Je vous fais un petit rappel de ce qu’il faut emmener :

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