Cours Oenologie Paris – Orléans

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4 décembre 2020

Les équivalences en Bourgogne

Comment nos exigences changent au fil des générations : le système d’équivalence dans le vignoble bourguignon

Je vais vous parler de la notion d’équivalence dans le vignoble bourguignon. Aujourd’hui, ce principe serait absolument inconcevable…

 J’ai pris quelques libertés et j’ai pas mal schématisé, sur ce sujet très complexe.

Phyloxerra et fraudes

A la fin du XIXème siècle, on cherche à améliorer la qualité du vin. En effet, un insecte dévastateur, le phylloxera, a détruit la plupart des vignobles français : il pique les racines des vignes et les décime. De ce fait, on trouve sur le marché beaucoup de produits s’appelant « vins », mais qui n’en sont que de très pâles imitations. On produit des vins « de sucre », de « pépins », ainsi que toute sorte de piquettes et de vins dits « de ménage », produits à partir de raisins secs. On peut « mouiller » les vins : ajouter de l’eau pour en abaisser le degré alcoolique. Les « plâtrer » : clarifier le vin, activer sa conservation en augmentant son acidité en y intégrant du plâtre ! Les colorer. Incorporer de la résine, quand il ne s’agit pas d’autres produits encore plus délétères…

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Le jugement de Paris

25 novembre 2020


Le jugement de Paris

Je vais vous raconter une histoire célèbre « le jugement de Parîs » longtemps cachée tellement les résultats ont déstabilisé les dégustateurs français…

En 1973, Stefen Spurrier, britannique de son état et caviste à la Madeleine, fonde avec Patricia Gallagher l’académie du vin à Paris. C’est la première école qui propose aux expatriés anglais, américains, d’apprécier les vins français.

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19 novembre 2020

                                       « L’affaire des 1000 violons volés »

Les milles violons volés

Nous sommes le 9 janvier 1995. Comme tous les matins, avant de commencer le travail, je prends un café, au bar à côté de l’atelier, avec mon patron Pierre. Roger, le serveur, nous connaît bien. Il nous tend le Libé du jour.

« Vous avez vu, les gars ? On parle de violon. » Nous prenons le journal, commençons à lire. Tout à coup, Pierre et moi manquons tomber de nos tabourets. Nous avons, sous les yeux, un long article, intitulé : « Un millier de violons volés tentent de retrouver leur propriétaire ». En voici un résumé :

L’article de Libé

« La brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris vient de retrouver chez un « fourgue » (un recéleur)-on donne son nom-, après une filature de plusieurs mois, 1000 violons et violoncelles volés. En perquisitionnant son appartement, ils ont découvert les instruments dans des faux plafonds et un tunnel secret de 6 mètres de long, planqué derrière les lambris. Non content de vendre de la marchandise volée, le délinquant substituait les étiquettes des violons les moins cotés par d’autres, plus prestigieuses,  en vue de vente plus fructueuse. Son trafic, principalement en direction du Japon, était tellement important qu’il avait même fini par alerter les luthiers « officiels » de la rue de Rome. Tous ces instruments sont actuellement présentés au public, dans une salle, aux Champs-Elysées, en vue de retrouver leurs propriétaires légitimes. 

« Et bien, les garçons ? Vous en faites, une tête ! » nous dit Roger. « Vous le connaissez, ce « fourgue » ? »

« Bien sûr qu’on le connaît ! » répondons, de concert, Pierre et moi. « Mais pas sous ce jour. »

En fait, le type dont il est question est un client régulier de l’atelier. Nous effectuons pour lui des réparations sur des violons. Et, ce, de manière tout à fait honnête et classique, comme pour l’importe quel client. Et jamais il n’a été question d’étiquettes trafiquées ou quoi que ce soit de la sorte. Nous tombons des nues.

La perquisition

Pierre devant aller faire une course, j’ouvre seul l’atelier. Deux minutes après, on frappe à la porte. Quatre hommes, deux en costume, deux en parka, me montrent un bout de papier carré et l’un d’eux articule : « Brigade de répression du banditisme ! ». J’ouvre. Les quatre policiers font irruption dans l’atelier, de manière assez virile. Et, sans plus d’explication, l’un d’eux me dit, en me regardant dans les yeux :

« Allez ! Où est la boîte à fausses étiquettes ? Et les fausses marques au fer ? »

(Pour comprendre l’histoire, il fait savoir que, souvent, les luthiers signent leurs instruments avec une sorte de tampon en métal, gravé à leur nom : une « marque au fer ». Mais, se faire fabriquer un tel outil coûtant relativement cher, je me servais, à l’époque, d’un « composteur »: une réglette de relieur, sur laquelle on pouvait, comme un imprimeur, insérer les lettres qu’on voulait. J’avais d’ailleurs, à cet effet, un petit casier, avec toutes les lettres de l’alphabet, en plusieurs exemplaires. Mais j’utilisais, évidemment, uniquement les lettres de mon nom).

Je regarde le policier et, naturellement, lui dis que je ne comprends pas un traître mot de ce qu’il me demande.

« Très bien ! » répond-il. « Et bien, on va tout fouiller ! »

« Faîtes, je vous en prie. »

Et les quatre cow-boys commencent à retourner l’atelier. A un moment, un des deux gars en parka s’approche de mon établi. Soudainement, je réalise que j’ai tout mon matériel pour signer mes violons, sur l’étagère, juste à hauteur de ses yeux. Il la regarde, approche sa main, ouvre le casier et découvre mon matériel. Il hurle dans l’atelier (qui fait 15 m2) :

 » La preuve »

« Chef ! Chef ! J’ai trouvé ! »

Et, là, je m ‘approche de lui et lui dis :

« Non. Vous faites fausse route. Je vais vous expliquer… »

« Mais bien sûr ! » dit-il, en me scrutant au fond de la rétine. « On vient chercher des marques au fer, on les trouve, mais on fait fausse route. Pourquoi ? Parce qu’on est des cons, c’est ça ? Hein ? C’est bien ce que vous voulez dire ? »

J’ose : « Non, pas exactement… »

A ce moment, Pierre arrive.

« Qu’est-ce que c’est que ce bazar?  Qu’est-ce que vous faites chez moi ? » demande-t-il aux quatre pistoleros.

« Allez ! Embarquez-moi ces deux zigotos ! » ordonne le chef. « Direction Quai des orfèvres ! »

La garde à vue

Nous voilà, Pierre et moi, en garde à vue. Pas tout-à-fait logés à la même enseigne, toutefois. Lui, quand les flics ont commencé à lui poser des questions, il leur a répondu qu’il avait autre chose à faire et pas de temps à perdre. Résultat : on lui a enlevé ceinture et lacets et il est en cellule. Moi, voyant ça, j’ai répondu très poliment et ai eu droit à patienter sur un banc, en conservant l’intégralité de mes effets.

On vient me chercher pour m’interroger. Le policier que j’ai en face de moi est, lui, remarquablement correct et courtois. Il me demande de lui décrire les rapports que l’atelier entretient avec le présumé recéleur. Je lui explique comment nous fonctionnons avec lui, que je n’ai, en aucune façon, connaissance de quelque fait délictueux que ce soit et lui décris mon système personnel pour signer mes propres violons. Tout à coup, il soupire, regarde en l’air, se masse les sourcils avec le pouce et l’index de sa main droite et lâche :

« Et bien, dites-donc, c’est un drôle de milieu, la lutherie ! »

« Comment ça ? » je demande. « Pourquoi dites-vous ça ? »

« Pour vous !..Demandez-vous pourquoi vous êtes ici et comment on a pu remonter jusqu’à vous. »

« Vous voulez dire que… c’est quelqu’un qui vous a dit qu’on se livrait à un trafic d’étiquettes et de marques au fer ? »

« En tout cas, ce n’est pas nous qui avons pu trouver ça tout seuls » dit-il, laconique. « On dirait que votre patron n’a pas que des amis… parmi vos collègues.»

Cette petite phrase résonne bizarrement dans mon cerveau.

Au bout de 8 heures, on nous laisse sortir, Pierre et moi, en nous disant qu’on place mon outillage sous séquestre et qu’on me tiendra au courant.

Le dénouement

Trois mois plus tard, je suis convoqué par la BRB pour venir rechercher mes outils. Je retrouve le policier qui m’avait mis au parfum. Il me rend ma marque au fer et reconnaît qu’effectivement, elle n’a rien à voir avec l’affaire. Affaire, d’ailleurs, pour laquelle il m’apprend qu’il n’y a, après enquête, jamais eu de trafic d’étiquettes. Cerise sur le gâteau, il semblerait même que les 1000 violons n’étaient pas volés non plus. Le marchand a, cependant, bel et bien été condamné à deux ans de prison, mais pour fraude fiscale. A la fin de notre conversation, nous nous serrons la main et il me dit :

« Faîtes attention, jeune homme. Vous faites un beau métier. Mais c’est parfois sur les plus belles roses qu’on trouve les plus grosses épines… »

Un poète. Un vrai.


19 novembre 2020

Faussaire en étiquette : tout un art…

Tricher dans le monde du vin est très tentant : changer une étiquette, un millésime… Rudy Kurnawian s’est révélé comme le faussaire le plus génial de tous les temps.

Je vous raconte cette histoire croustillante du faussaire en étiquette. En parallèle, vous pourrez lire l’article de Laurent mon mari luthier sur les mille violons volés

qui en dit long sur la nature humaine.

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11 novembre 2020

Le bon goût : une affaire de goût ?

Depuis longtemps, je me questionne sur la notion du « bon goût ». Existe-t-il un bon goût universel en matière de vins, d’ailleurs, existe-t-il un bon goût tout court en matière de vêtements, d’architecture, d’ameublement, de couleur ?  C’est une vaste question, je ne pense pas qu’on arrive spécialement à des consensus. La culture est très prégnante et elle nous modèle. 

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27 août 2020

Le goût du vin : journal « le 1 »

Le goût du vin : A la rentrée, rare sont les magazines ne proposant pas un dossier sur le vin. L’excellent journal « le 1 » ne déroge pas à cette règle.

Les vacances m’ont fait prendre du retard sur mes lectures et je vous parle du numéro du 12 août. Pas très grave, « le 1 » ne disparait pas comme le reste de la presse hebdomadaire. Vous pourrez donc facilement le trouver.

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7 novembre 2019

Le Progrès : the bistrot

Une adresse que je redécouvre, « Le Progrès » à Montmartre, 7 rue des 3 Frères dans le 18 ème. Le Progrès qui est une institution montmartroise est repris depuis quelques années par Marion et son frère. Ecole de commerce, finance, marketing, Dubai, Londres… un tourbillon dans leurs vies et puis non finalement ce qu’ils préfèrent c’est le bistrot ! Et ils décident d’acheter « Le Progrès » mais rien ne vient au hasard… En effet ils ont le bistrot parisien dans les veines, leurs parents et grands-parents étaient bistrotiers à Paris…

On mange une cuisine simple avec des produits frais, le choix des vins est pertinent, le cadre est très lumineux et chouette. Il y a une jolie terrasse pour les beaux jours. Lire la suite


6 mai 2019

Chaire Unesco

Comme promis depuis un moment, voici les coordonnées de la chaire unesco à Dijon

https://chaireunesco-vinetculture.u-bourgogne.fr/

Le site de la chaire Unesco est foisonnant en information. On y trouve essentiellement des informations culturelles d’un niveau très pointu. C’est extraordinaire.

Le site est articulé de la manière suivante, j’ai relevé ce qui me semblait le plus intéressant :

  • les conférences : il y en a régulièrement e vous pouvez toutes les visionner, voici quelques thèmes : Les femmes et la vigne, une histoire économique et sociale – Place et choix des vins dans les repas gastronomiques en Côte d’Or et ailleurs du XIX ème au XXI ème siècle.
  • une revue électronique avec des sujets très originaux : le vin au Brésil, le chenin histoire et actualité.
  • des colloques pour les plus chanceux.

Tout est disponible gratuitement.