Cours Oenologie Paris – Orléans

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29 janvier 2019

V. Jullien,à Sagarejo.

Venu du Jura, Vincent est un aventurier. Il a posé ses valises en Géorgie par amour pour une belle géorgienne et sans doute pour la vigne. Voici son histoire :

Arrivé, il y a maintenant 12 ans, il occupe au départ un poste de directeur de cours au centre culturel à Tbilissi. Il en profite pour apprendre la langue. Dans une autre vie, il avait été ouvrier dans les vignes, dans le Jura chez Michel Gahier et dans le Beaujolais chez Patrick Cotton. Un jour, il sera vigneron, cette idée ne le quitte pas.

Il manque de connaissances et doit venir les parfaire à la « viti » à Beaune, (c’est le lycée viticole). Il s’apprête à quitter définitivement la Géorgie, mais les beaux yeux d’une géorgienne le retiennent. Il vient à Beaune, suit sa formation, mais c’est en Géorgie qu’il va s’installer.

Lapati wines

Il rencontre un compère français, Guillaume Goureou. Ils vont s’associer en 2015 pour créer « Lapati wines ».  Vincent gère la partie technique et Guillaume la communication, mais chacun donne son avis sur l’ensemble.

Les contraintes ne sont pas très importantes en termes d’appellation et Vincent a envie de se faire plaisir et de nous faire plaisir, à nous, les amateurs, en faisant des vins friands, légers, gourmands. Il veut qu’on puisse boire longtemps sans s’enivrer abominablement. Pour ça, deux idées lui viennent en tête : il va faire des pétillants naturels et des rouges de macération carbonique, sans doute une réminiscence de son éducation beaujolaise.

Il produit 8 000 bouteilles (dont 3 000 de pétillants). A terme, il pourrait en produire jusqu’à 10 000. Tous les vins passent par le kvevri.

Les raisins sont achetés, ils proviennent tous de domaines de Kakhétie et de Khartlie cultivant  en agriculture biologique.

La macération carbonique : Le Superavi, un jeu de mot entre la Géorgie et la France

Le cépage Saperavi est un cépage très robuste, teinturier et puissant. La macération carbonique va en faire un vin délicat, fruité et léger. Les raisins proviennent du village de Mukuzani. La vendange entière est mise en kvevris. Ces derniers sont scellés à l’argile. Après 2 semaines où le mout est resté en contact avec le gaz carbonique, on ouvre la jarre. On enlève les rafles et les peaux et on reloge le vin dans un autre kvevri. Le millésime 2016 a été mis en bouteille en mars 2017.

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Pétillant naturel Saperavi

Les pétillants naturels : gamme Kidiverti, c’est un nom qui sonne très bien en Géorgien

Vincent travaille trois cépages : un blanc, un rosé, un rouge. Les raisins sont ramassés à la mi-octobre et foulés dans le traditionnel satsnakheli. Le jus est mis en qvevri. Après deux semaines, le vin est embouteillé. La pression va alors monter à 6 bars. Comme le dit Vincent, « Si quelqu’un travaille en Géorgie, c’est bien les levures ! ». En effet, la fermentation alcoolique se fait de la façon suivante : le sucre est transformé en alcool par l’action de levures. Quand elles travaillent, elles dégagent de l’énergie, et du gaz carbonique qui provoquera l’effervescence.Le vin sera laissé de six mois à deux ans sur latte. Ensuite, il sera mis sur pupitre et sur pointe, où il sera remué et « poigneté ». Vincent effectue le dégorgement à la volée.

 Sur la terrasse de Vincent

Notre homme reçoit les visiteurs sur son immense terrasse face à la steppe. Il livre, autour d’un verre, ses impressions sur le vignoble, sur son avenir mais, plus globalement, il donne son ressenti sur le pays. Sa sensibilité, sa grande culture nous permettent de bien appréhender la Géorgie. Il offre autour d’un repas un moment très spécial : c’est la « French Touch » au milieu du Caucase.

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Le vigneron aventurier

2 réflexions sur “Portrait de vigneron : Vincent Jullien

  1. Y’en a qui ont pas peur…
    Et donc ça donne du rouge pétillant au bonbon anglais ? 😀

    1. syrah1 dit :

      C’est très bon et très original.

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